Les asservis de la Liberté!
Affranchi : (n.m.): esclave ou serf qui a été affranchi.
Affranchir : (v.t.): rendre de condition libre.
Et pourquoi "condition " ? Pour faire entendre qu'il ne s'agit pas de liberté sans condition, mais de liberté conditionnelle.
C'est comme être déclaré Adulte lorsque l’enfant fait de plein gré tout ce que ON veut qu’il fasse - de sorte que, sans cesser d'obéir en esclave, il se doit par surcroît de devenir maître de lui-même! Capable de s’auto discipliner ! Et tant pis pour lui si, ce faisant, il se sent libre!

 

tract 1   Culture contre nature
tract 2    Assurer l'avenir, c'est anéantir le présent
tract 3    Banalités écologiques de base
tract 4    Le sens de l'histoire ou la logique de l'absurde
tract 5    Vie fossile
tract 6     Nécessaire et superflu

tract 1

Culture contre nature

Laissons parler notre mémoire biologique. souvenons-nous du jour où nous sommes nés. Nous étions chacun potentiellement l’égal de ces va-nu-pieds qui durant des milliers de siècles ont engendré notre chromosome. Ainsi, pendant quelques minutes, avons-nous pu nous croire cela - jusqu’à ce qu'un premier Pampers nous colle la crotte aux fesses, nous signifiant somme toute, par des inflammations et des démangeaisons, qu'une production qui va de soi peut fort bien se tourner contre soi. Et c’est ainsi qu’à l’âge d'une heure à peine, nous recevions notre première leçon de maintien - de maintien de l’Ordre, bien entendu.

Chasseurs, pour communiquer à nos enfants l'envie de chasser, on se fiait à leur nature. Travailleurs, ce que nous communiquons par le sexe se réfute par la Culture.--

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tract 2

Assurer l'avenir, c'est anéantir le présent

La chute dans l’Histoire

On a coutume de croire que l'histoire prolonge la préhistoire avec les moyens accrus que l'invention de l'agriculture nous a permis de produire. C'est méconnaître une évidence : culture et prédation sont deux activités qui, bien qu'ayant en commun pour but de nourrir ceux qui les exercent, obéissent intrinsèquement à des ordres différents: la culture vise des objectifs qui ont besoin de temps pour se réaliser, la prédation des objectifs présents; l'une se pense en fonction de ce qui sera (peut-être), l'autre de ce qui est. Ainsi ces deux activités définissent-elles des comportements inconciliables par principe, l'un exigeant de maîtriser le cours des choses, l'autre de les laisser suivre leur cours au rythme où elles nous ont créés, nous et notre milieu.
En cela se trouve toute la différence, et l'origine de nos problèmes. Car, que nous faut-il faire pour que l'avenir nous apporte ce que nous en attendons alors qu’en fait nous ne disposons jamais que du moment présent pour tenter de l'influencer? quoi, sinon structurer l'espace avec tout ce qui s'y trouve afin que rien ne survienne qui puisse contrarier nos plans? Structurer, c'est à dire enfermer et emmurer, canaliser et détourner tout ce qui bouge, exclure de notre environnement l'animal ou la "chose" qui risquent de nous faire manquer nos buts -de sorte que nous voici canalisés nous-mêmes dans des conduites forcées, solidement emmurés dans la routine et l'uniformité, installés dans un monde idéalement pensé pour nous mettre à l'abri des surprises. Au point que, couverts d'assurances comme nous sommes, le hasard même ait été domestiqué et ne risque pas de nous conduire à l'aventure!
Comment, après cela, nous étonner que notre ennui soit institué? et que, pour nous distraire du décès de chacune de nos journées de travail, nous nous soyons vu forcés de chercher dans la fiction et dans la drogue cette dose d'émotions fortes dont nous avons tous essentiellement besoin ?
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tract 3

Banalités écologiques de base

Progrès, civilisation, histoire, se confondent matériellement avec un processus au cours duquel - complète et foudroyante métamorphose d'une Terre vierge en une Terre cultivée - nous allons transformer de plus en plus radicalement nos milieux d'origine en un monde de travail, pensé et réalisé par le travail, pour le travail. Ainsi, nés dans un environnement qui nous rappelle de moins en moins nos propres origines pour n'évoquer que le travail, les sacrifices et les efforts dont il est fait, va-t-il de soi que nous soyons trompés par l'objectivité des choses qui nous entourent, continuions comme des zombies à le transformer, c'est à dire à le rendre, et à nous rendre ipso facto plus méconnaissables de génération en génération.
Les discours qui se disent "responsables" offrent du Progrès des représentations qui se veulent globalement positives. Certes, il leur arrive d'observer, et de faire observer, que "toute médaille a son revers", mais, pesant le pour et le contre, ils déclarent que le pour l'emportera toujours. Confiants dans le "génie humain", ils croient en notre capacité d'éliminer les unes après les autres par des progrès de la technologie toutes les nuisances présentes et à venir causées par la technologie, de telle manière que celle-ci réussirait à nous offrir éternellement plus (et mieux) qu'elle ne nous prend -à nous comme au reste du monde.
En fait, ils postulent implicitement que si nous avons produit les choses que nous utilisons (et qui finalement constituent l'essentiel de notre environnement), c'est qu'il allait littéralement de soi que nous les produisions et que nous nous en servions - tant et si bien que nous partons du fait que l'usage de nos acquis, du Capital, de notre matériel accumulé, est entré dans nos moeurs, pour en conclure que ledit usage serait en quelque sorte l'expression, l'extériorisation et la réalisation concrète du tréfonds de notre nature "humaine"! Un peu comme si nous supposions implicitement que nos ancêtres auraient été mus par une force intérieure qui leur aurait donné la soif de boire un jour coca-cola, de piloter Mercedes et de se dorer quinze jours par an au grand soleil des Bahamas ! D'ailleurs, ne parlons-nous pas couramment des inventions qui sont entrées par milliers dans nos usages et notre environnement comme d'authentiques "découvertes", sous-entendant ainsi que lesdites choses auraient depuis toujours existé à l'état virtuel dans l'inconscient de notre chromosome.
Cela dit, que Diable nous manque-t-il encore aujourd'hui pour que nous éprouvions cette sensation rater "quelque chose", un « manque » dont l'Industrie se sert d'ailleurs pour motiver la recherche de nouveautés toujours plus neuves?
Mais, en fait, ce discours ne recouvre que la partie visible et officielle d'une réalité qui a sa face cachée. Ainsi, prenons l'exemple de la fourchette. Faute de l'avoir inventée, il va de soi que nous mangerions avec les doigts comme le faisait encore n'importe lequel de nos ancêtres il y a moins de trois cents ans. L'abandon des fourchettes nous ramènerait donc à manger de cette manière, c'est à dire comme le font encore le plus naturellement du monde nos enfants aussi longtemps que nous les laissons faire. Mais, ceci dit, telle ne serait pas la seule conséquence qu'aurait sur notre savoir-vivre la disparition desdites fourchettes: nos "besoins" de tiroirs pour les ranger, de détergent, d'eau et de temps pour les laver, d'argent pour les acheter et de pub pour les vendre, de travail pour produire, vendre et acheter tout ce qui permet de nous en servir, autant de besoins qu'automatiquement nous n'éprouverions plus - et il s'ensuivrait, par surcroît, moins de polluants dans nos rivières, d'encombrement de notre espace, de stress relatif à notre "pouvoir d'achat", d'efforts à produire pour convaincre nos enfant à manger "comme il faut", et un supplément de temps libre pour tout le monde, ...avec, bien entendu, plusieurs milliers de chômeurs de plus. Et ce qui est vrai de nos fourchettes l'est pour la plupart des choses qui nous sont soi-disant devenues "nécessaires", alors qu'en réalité elles ne sont nécessaires qu'au Progrès, c'est à dire à une fiction pure et simple.
C'est partant d'observations de ce genre que l'écologie peut devenir politique et se traduire en véritable programme d'action: Si le chômage fait peur au point que nous faire trouver "juste" de nous contraindre à produire littéralement n'importe quoi à seule fin de créer des emplois, c'est forcément qu'il se trouve une lacune dans la conception même de la société et de son organisation. Et cette lacune la voici: nous manquons du moyen institutionnel qui nous permettrait de nous répartir entre tous le temps libre des chômeurs, de telle sorte que tout le monde profite de ce temps libre et que personne ne voie sa survie menacée par le chômage.
L'existence d'un tel moyen décongestionnerait la société dans son ensemble. Elle se traduirait ipso facto par une mise en question de chaque objet, de sa "valeur d'usage", du travail nécessaire à le produire, à l'entretenir et à l'utiliser. --

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tract 4

Le sens de l'histoire ou la logique de l'absurde

Quel sens y a-t-il à créer des emplois alors que le chômage est dû à la surproduction? Quel sens, sinon donner à chacun de quoi mériter le droit de profiter avec bonne conscience des "bienfaits de la société". Et s'il y a trop de tout, qu'importe: créons des emplois improductifs, ou, mieux encore, inventons-en dont la fonction consistera à détruire ce que d'autres produisent. Arrangeons-nous pour que certains gagnent leur vie à défaire ce que d'autres gagnent à faire, et nous aurons automatiquement le plein emploi!
Certes on aurait raison de trouver absurde une telle gestion. Mais elle ne date pas d'hier. L'armée des dignitaires, militaires, fonctionnaires, et autres curés, tous grands consommateurs d'équipements et de services, de bâtiments, d'armes, de forteresses et de prisons, de palais, de monuments, de temples et de mille autres "richesses", cette armée travaille depuis Sisyphe à démolir nos surplus d'énergie, le seul fruit tangible de l'opération étant cette "chose" étrange que nous appelons POUVOIR, étrange en ce sens que, plus elle nous fatigue, plus elle se renforce, plus elle nous prend de temps, plus elle en dispose elle-même -singulière alchimie qui transforme les surplus en tyrannie, la tyrannie en ce que Bataille a justement nommé "la part maudite", et la-dite part en moyens destinés à nous neutraliser les uns les autres, à nous faire construire un monde ABSURDE, à nous contraindre à l'habiter, ainsi qu'à nous faire croire que nous n'avons jamais rien eu de mieux à faire!
Bref, si nous voulons rester logiques avec la pratique qui donne à l'Histoire son véritable "sens", nous devrions cesser de dire que le chômage est dû à la sur-production, mais qu'il l'est en fait à la sous-destruction. Telle est en effet l'une des leçons que nous pouvons tirer de nos deux dernières guerres mondiales: grâce à elles nous avons connu la paix sociale et le plein emploi, en raison même du fait qu'à des moyens de production plus efficaces, elles faisaient LOGIQUEMENT correspondre des moyens de d'annihilation plus rapides. Tout çà pour dire que si nous n'arrivons pas détruire assez vite de nos jours tout ce qui sort de nos usines par les moyens conventionnels de la consommation courante, il nous reste un espoir de plein-emploi: nous pouvons toujours compter sur une guerre nucléaire pour reconstituer en 24 heures le stock de travail dons nous croyons avoir tellement besoin. Après tout, ce ne serait là qu'une manière plus expéditive de continuer à perdre notre vie à la gagner!

Pour nous dégager de l'absurde, sachons d'abord l'identifier! --

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tract 5

Vie fossile 

Chasser, pêcher, courir les bois exigeaient le plein emploi de nos sens. "Sauvages", nous avions en effet besoin de toutes nos facultés pour assurer notre survie. Un son, une odeur, une lueur, un contact, toute sensation tenait lieu d'information et faisait l'objet d'interprêtation. Ainsi, nos sens n'étaient-ils pas seulement source de plaisir mais aussi de survie. Grâce à eux, nous faisions UN avec le monde, et le moins qu'on puisse dire c'est que, devenus ce que nous sommes, nous nous retrouverions dans la situation de nos ancêtres "primitifs" comme d'authentiques analphabètes de l'oeil, du nez, de l'oreille, de la bouche et de la peau. Bien entendu, nous serions capables de percevoir ce qu'un Pygmée perçoit, mais nous ne le serions pas de l'interprêter, de "lire" sa forêt et de nous en nourrir. Car, en fait, nos sens ne nous aident pas à gagner notre bouffetance. Ils nous inviteraient plutôt à fuir nos lieux de travail qu'à y rester. Aussi les détournons-nous vers le "plaisir" et les réservons-nous à l'appréciation de produits culturels visant à nous endormir plutôt qu'à nous ouvrir les yeux.
Bref, enserrés dans le béton, comme nous le sommes, les animaux, les plantes et nous, avec nos sens adaptés à la brousse , que sommes-nous donc devenus, sinon des fossiles vivants de la vie authentique.
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etour

tract 6

"La vie sera quotidienne ou ne sera pas" (Henri Lefèvre)

le nécessaire et le superflu !

Il nous suffit de considérer la "pub", sa forme et son discours, pour nous convaincre du rôle déterminant joué par nos prétendus besoins dans la "valorisation" de notre production industrielle - et pour nous apercevoir, par la même occasion, que nous sommes réduits à l'état de présentoirs, de "faire-valoir", de porte-manteaux au bénéfice de marchandises qui, à tout prendre, sont à nos jouissances ce que les poupées gonflables sont à la masturbation!
Nos "besoins" d'accessoires sont-ils si essentiels à nos yeux qu'ils "justifient" de nous plier au régime sévère du travail en usine (pour les produire), et de nous battre sur le plan des salaires (pour nous permettre de les acheter)? Est-il sain de trouver normal que, pour avoir de quoi manger, nous puissions dépendre de notre capacité de produire avec sérieux des bagatelles?
Ecologiquement, nous disons:
Si un produit est un gadget, le travail auquel il correspond ne vaut pas mieux, les luttes visant à obtenir de quoi l'acheter sont du même ordre, et le système qui valorise le tout n'est lui-même pas sérieux. Mieux vaut ne rien faire que faire des riens qui se retrouvent à la poubelle ou à la casse après ne nous avoir finalement servi qu'à "tuer le temps"; mieux vaut nous partager le temps avant qu'il soit tué.
Cessons de perdre notre vie à la gagner!
Mettons en cause les objets, le prétendu besoin que nous en avons, les pièges tendus en leur faveur par la publicité!
Soulageons-nous de la soi-disant nécessité de gagner de quoi acheter ce qui est à la fois consommateur d'espace et de temps, et générateur d'encombrement, de règlements, et de réveille-matin!
Attendons-nous à redécouvrir l'essentiel en nous débarrassant de l'accessoire!
Bref, faisons ensemble tout ce qu'il faut pour qu'il soit enfin possible de profiter de nous-mêmes plutôt que des produits du sacrifice que nous faisons de nous-mêmes, nous fondant pour agir sur la certitude que nous trouverons :

Sous les pavés, la plage! sous le rimmel, la femme! et sous le superflu,… l'éternel présent! --

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