Ne l'ayons pas dans le baba ainsi que l'ont eu maman-papa!

À voir galérer leurs gratte-papiers de parents à l'heure du boom technologique, et à voir miteusement tourner en rond les vieux paletots des multiples gauches censées refaire le monde, les jeunes d'il y a un quart de siècle furent pris d'une gloupitante indignation. Était-il foutre dieu possible d'être aussi nuls! Et ils convinrent que le moment était venu de déclencher la lutte finale.

Objectif: la vie de château pour tous. Comment l'atteindre? Yaurait qu'à destituer les andouilles, autogérer convivialement leur héritage et tout réinventer

Un programme alléchant. Nombreux s'y rallièrent. Leur enthousiasme gagna la rue. Et ce fut mai 68.

En juin, les insurgés l'avaient déjà dans le baba.

Ne s'étant escrimés qu'à combattre les vieilles barbes, ils avaient oublié de s'en prendre à ce qui en assurait le règne. Ils avaient superbement occupé durant un mois les usines et les bureaux, mais, dans leur euphorie, ils n'avaient même pas songé à enfoncer les portes, arracher les verrous, bétonner les trous de clés, concasser les dossiers, pirater les téléphones, éventer les secrets, bref, ils n'avaient rien fait de concret pour que rien ne puisse plus fonctionner comme avant. À croire que ce sont les dirigeants eux-mêmes qui, pour éviter le pire, auraient finement lancé l'idée de dresser des barricades, et de détourner sur elles, avec l'aide des CRS, toute l'attention de nos "révolutionnaires". Ceux-ci, de fait, se sont mis à faire de la défense de quelques bêtes tas de pavés la grande affaire de tout le mouvement avant de rentrer chez eux se remettre sous les verrous toujours en place.

25 ans ont passé. Fini les gratte-papiers! Papa-maman sont maintenant tape-claviers. Et ils n'ont toujours pas compris qu'on ne saurait faire céder un ministre avec du blablabla, qu'on ne saurait changer la vie sans changer celle des cons aussi, et qu'on ne saurait vivre ses désirs sans foutre en l'air ce qui les entrave!

Eh oui!

À qui s'explique avec des flics,

la bonne réplique c'est le mastic!

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