Il nous suffit
de considérer la "pub", sa forme et son discours,
pour nous convaincre du rôle déterminant joué
par nos prétendus besoins dans la "valorisation"
de notre production industrielle -et pour nous apercevoir, par la
même occasion, que nous sommes réduits à l'état
de présentoirs, de "faire-valoir", de portemanteaux
au bénéfice de marchandises qui, à tout prendre,
sont à nos jouissances ce que les poupées gonflables
sont à la masturbation!
Nos "besoins" d'accessoires sont-ils si essentiels à
nos yeux qu'ils "justifient" de nous plier au régime
sévère du travail en usine (pour les produire), et de
nous battre sur le plan des salaires (pour nous permettre de les acheter)?
Est-il sain de trouver normal que, pour avoir de quoi manger, nous
puissions dépendre de notre capacité de produire avec
sérieux des bagatelles?
Ecologiquement, nous disons:
Si un produit est un gadget, le travail auquel il correspond ne vaut
pas mieux, les luttes visant à obtenir de quoi l'acheter sont
du même ordre, et le système qui valorise le tout n'est
lui-même pas sérieux. Mieux vaut ne rien faire que faire
des riens qui se retrouvent à la poubelle ou à la casse
après ne nous avoir finalement servi qu'à "tuer
le temps"; mieux vaut nous partager le temps avant qu'il soit
tué.
Cessons de perdre notre vie à la gagner!
Mettons en cause les objets, le prétendu besoin que nous en
avons, les pièges tendus en leur faveur par la publicité!
Soulageons-nous de la soi-disant nécessité de gagner
de quoi acheter ce qui est à la fois consommateur d'espace
et de temps, et générateur d'encombrement, de règlements,
et de réveils matin!
Attendons-nous à redécouvrir l'essentiel en nous débarrassant
de l'accessoire!
Bref, faisons ensemble tout ce qu'il faut pour qu'il soit enfin possible
de profiter de nous-mêmes plutôt que des produits du sacrifice
que nous faisons de nous-mêmes, nous fondant pour agir sur la
certitude que nous trouverons :
Sous les pavés, la plage! sous le superflu, un éternel
présent!
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