La
Friclande se divise en différentes Nations et celles dont
le billet de Banque na cours nulle par ailleurs constituent
le Tiers Monde. Très
divisé et très peuplé, le Tiers Monde est en
perpétuel état de manque. Une situation dont le Gros
Pognon celui dont les billets ont cours partout - profite
pour faire produire plein de choses à laide de riz
comme carburant et de bols comme unité de mesure. Plein
de choses qui se retrouvent dans les Pays doù sortent
les vrais Billets. Déménagement dont il résulte
des manifestations dans le Tiers Monde semblables à celles
auxquelles les "damnés de la terre" sétaient
livrés dans le Vieux en invoquant le Socialisme. Autant de
conflits résolus en leur temps grâce à la production
de masse dont les Grosses Boîtes ont profité pour développer
fabuleusement leurs chiffres daffaire et leur rayon daction
jusquà létendre au monde entier
le résultat étant quil ny a plus dIndiens
ni plus de forêts à foutre en lair. Et donc que
le Vrai Pognon exige cette fois de ses nouveaux "damnés"
quils restent à tout jamais "damnés".
Cest
quen effet, il na pas le choix : ou bien ce sera
le bordel chez lui ou bien ce sera le bordel ailleurs. De là
quil entretient lindignation hors des frontières
en vue de profiter du fait que beaucoup sont prêts à
faire nimporte quoi pourvu que ça paye - comme par
exemple à fabriquer des "cluster bombs" et autres
nouveautés de ce genre, ou bien encore à se rendre
sur place dans le pour enseigner leur mode demploi. Et cela,
bien entendu, sans oublier les Kissinger qui nhésitent
pas à fabriquer des Pinochet, des Mobutu et autres généraux
pour rétablir la Paix Sociale chaque fois que ça bouge
dans leurs pays - en échange, bien entendu, dune ouverture
discrète de comptes en Suisse et de tickets daccès
gratuits aux titres de Wall Street. Mais
cela dit, du fait de la croissance, les cubes de la modernité
risquent toujours de sencombrer. Et cest pourquoi les
Hooligans de la Finance font faire de plus en plus de choses dont
chacun pourra se servir hors de chez lui - des choses qui pour cette
raison sont qualifiées "dutilité publique".
Et pour se faire une petite idée de ce que tout ça
représente, il suffit dobserver le Vieux-Monde du hublot
dun Boeing. À côté de tout ce qui peut
se voir ainsi déluge de lumières, dautoroutes,
de ponts, de tours, de buildings, pas un espace qui ne soit aménagé,
équipé, structuré - les Pyramides et le Mur
de Chine passeraient inaperçus. Malheureusement,
malgré tous ces efforts, le chômage menace encore.
La multiplication des bombes jetées dans le Monde ne suffit
pas à lenrayer. Si bien que pour éviter davoir
encore une fois recours à un 14-18 comme ce fut le cas en
40-45 pour assurer le travail, le Pognon a eu lidée
de profiter de la curiosité quéveille chez les
sur-développés lexistence de grands espaces
sous-développés pour mondialiser le Charter. Charter
par le hublot duquel chacun peut trouver la confirmation du fait
que son Agence avait raison en lui laissant entendre que dès
son arrivée il allait, pour trois fois rien, pouvoir se faire
cirer les bottes ou se trouver une paire de fesses à sa pointure.Mais
cela dit, si favorables que soient les taux de change, ces voyages
ne durent quun temps. Un temps après lequel chacun
reprend sa vie "normale". Ce qui ne va pas sans retombées.
Ainsi,
par exemple, à la masse des photos souvenirs chères
à Kodak, sajoutent au retour les M.S.T. - Maladies
sexuellement transmissibles - et tout particulièrement le
SIDA dont se nourrissent de plus en plus de cliniques et de scientifiques.
Contracté pour trois fois rien dans le Tiers Monde (où
grâce aux chemins de fer datant de la colonisation il se diffuse
dailleurs jusquau fin fond de la brousse) le virus en
question tire parti de la libido de ses porteurs pour prendre pied
sur le Vieux Monde et se propager sans crier gare dans les plumards
de la modernité. Une
occurrence dont le Pognon profite bien sûr pour faire sa pub.
Ainsi, met-il laccent sur sa participation au financement
de la recherche médicale et des capotes anglaises - dispositifs
dont la diffusion dans le Tiers-Monde ne risque toutefois pas de
se faire étant donné leur prix au grand soulagement
dailleurs du Souverain Pontife qui, soucieux des intérêts
de la Pharmacopée et de lavenir des Sciences, préfère
viser la guérison qui crée de lemploi que la
contraception qui ne manquerait pas den supprimer. Bref,
le S.S.F. (Sida Sans Frontière) doit lessentiel de
son succès clinique et médiatique à laéronautique.
De sorte que, en plus de ce qui précède, ce virus
sans entrave est promoteur de Conférences de haut niveau
des Conférences bien entendu rendues possibles par
la Boeing Corporation. Comme par exemple celle de Barcelone où
il a été constaté - dixit le Secrétaire
Général de lO.N.U. - que le virus donne "du
pain sur la planche aux 15.000 meilleurs penseurs en la matière
réunis en ce lieu à loccasion de leur 14ème
Conférence internationale sur la question" - les 13
précédentes nayant en effet servi à rien
vu que, comme lont déploré lesdits penseurs
eux-mêmes, "en Afrique, en Chine et en Russie le fléau
se propage de façon effrénée" en précisant
que "95 pourcents des séropositifs vivent dans les pays
en voie de développement"Lesquels
sont dit Sous-développés, hormis toutefois dans le
domaine des infections et des famines où, au contraire, ils
sont à lavant-garde, comme en attestent dailleurs
les multiples implantations de M.S.F. Cela
dit, outre des photos et des virus, le tourisme a dautres
retombées dont le Pognon profite pour développer ses
services dutilité publique. Ainsi, par exemple, les
aller-retour de larmada de ses Boeing exerce sur les paumés
de Kinshasa la même fascination que celle exercée naguère
en brousse dans lesprit de leurs Vieux voyant leurs villages
dorigine traversés de nuages de poussières soulevés
par des bagnoles. Doù
venaient-elles? Où allaient-elles? Curieux de lapprendre,
désireux de connaître ce monde qui faisait des miracles,
espérant sans nul doute y être mis dans le secret,
ils ont, de tous côtés, franchi les horizons pour finalement
se retrouver par millions dans de minis bidons-cubes, réduits
pour la plupart à létat de cire-bottes. Doù
leur envie, expérience faite, de refoutre le camp. Avec la
conviction cette fois que si ce quils attendent ne se trouve
pas sur place, cest forcément quil doit se trouver
dans le Vieux Monde, à la source même du vrai Pognon,
celui qui compte, fabrique des bombes, qui parachute lhumanitaire,
dépêche des MSF, anime toutes les télés
et produit les touristes, les Kodak, les bottes à cirer et
le cirages lui-même. Bref,
beaucoup rêvent de sy rendre, un rêve qui est
à lorigine dun phénomène riche
en rebondissements : lIMMIGRATION Bien
entendu, à peine arrivé, limmigré a des
problèmes de Fric. Surtout que, sans papiers, il ne pourra
sen faire quen "noir", hors des limites de
la légalité. Ce qui va, paradoxalement, laider
à se procurer le minimum vital.Ainsi,
par exemple, la fesse immigrée ne paie pas dimpôts.
Elle fonctionne à meilleur prix que la fesse locale inscrite
à la Sécu. Surtout quen plus de ses tarifs,
ce marché "noir "savère avec
son exotisme très attractif aux yeux dex-vacanciers
heureux de se retrouver dans le Tiers Monde sur le trottoir den
face. Et cest ainsi que des illégaux se font désirer
et "soutenir "par des légaux tout se
passant ainsi dans ce qui sappelle la MARGINALITÉ.Mais
cela dit, la marginalité sétend à dautres
secteurs. Autant de marchés "noirs "qui souvrent,
tous fonctionnant sur le principe du RECEL, recel dont on peut
dire quil est pour le marché de détail léquivalent
de la colonisation pour le commerce en gros - la différence
étant toutefois quau lieu de se développer ouvertement
sous protection de lArmée, il se pratique souterrainement
sous la menace des Flics. Par exemple dans des caves où fabriquer
des chemises à des prix sans concurrence qui seront sur le
marché de la fringue léquivalent de la fesse
immigrée sur le marché de léros. Bref,
les sans-papiers en arrivant se retrouvent dans une situation pire
encore que celle quils viennent de fuir. De sorte quune
fois de plus ils rêvent dailleurs. Et puisque entre
eux et cet ailleurs il y a des papiers, ils ne rêvent plus
que de papiers - papiers dont ils attendent bien entendu quils
leur permettent denfin jouir des "Libertés"
quassure le Bon Argent. Mais
cela dit, lesdits papiers, ne se trouvent pas comme ça :
il faut les mériter avant dêtre jugé digne
dappartenir au Monde "humanisé "doù
sortent les bagnoles, les Airbus et le reste. Et pour les mériter,
cest comme pour les diplômes : il faut passer des
examens - jury constitué par des Faucons et des Colombes,
partisans de lexpulsion contre partisans de lintégration,
débats alimentés et arbitrés par le Pognon
dont la neutralité est garantie du fait quil nest
encore une fois question que de Lui.
Bien
entendu, Faucons - Colombes, tous ont sur les candidats à
linscription dans les registres du Vieux Monde, lavantage
dy être inscrits de naissance un privilège
qui leur confère automatiquement le droit de passer par des
écoles leur permettant de gagner des bagnoles en même
temps que leur survie. Si bien que limmigré, même
sil a réussi à se faire inscrire, se voit le
plus souvent réduit à devoir partager le sort des
autochtones non diplômés - et à justifier du
même coup lexistence et le développement de la
Restauration du Cur, une Organisation Non Gouvernementale
(ou O.N.G.) mise sur pied par les Colombes et alimentée par
de bonnes âmes.
retour